"L’un des principaux travaux du MESA, association américaine à but non lucratif a été, outre la création du terme de MES, l’établissement d’une liste détaillée de fonctionnalités, connues comme les « 11 fonctions du MES"  

Gestion des Ressources
 
Ordonnancement Cheminement des produits et des lots
Gestion des documents
 
Collecte et acquisition de données Gestion de la Qualité
Gestion du procédé
 
Gestion de la maintenance Traçabilité produit et généalogie
Analyse des performances

 

 

  Cette classification est d’un grand intérêt pour délimiter clairement le domaine du MES et évaluer la couverture des différentes offres. Pourtant force est de constater que le MES est encore mal connu, ce qui freine son implantation quasi-systématique, au même titre que les ERP. La norme S95 apporte aujourd’hui une structuration plus forte du domaine du MES et aide à lever certaines confusions.  
     
  "La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux marchés, de délai de conception, de prise en compte des normes et des réglementations, de communication ... C’est l’ensemble de ces exigences qui a contribué à l’avènement de l’offre MES. "  

 

  Le second mot-clé du MES est System (Manufacturing Execution System).  
 

Le MES est un système et la capacité d’interaction des différentes fonctions est une clé de son efficacité

Le vrai rôle du MES est l’optimisation de l’outil de production, suivant le schéma Connaître, Analyser et Améliorer, étapes mettant chacune largement à profit les technologies informatiques, mais nécessitant également chacune une expertise humaine.

Les clés de son succès seront évidemment des solutions matérielles adaptées, qu’il s’agisse d’architecture informatique et de réseau bien sûr mais également d’acquisition des données, d’interface opérateurs, car aucun bénéfice ne pourra résulter du traitement de données erronées, que les causes en soient matérielles ou humaines. Les solutions logicielles choisies devront également être mises en rapport avec les prérequis du MES : performance d’acquisition et de traitement, fiabilité, notion de système de fonctionnalités. La maîtrise de la mise en place par des compétences spécialisées d’intégration est également essentielle. Enfin l’adhérence à la norme S95 sera un atout certain tant dans la spécification du besoin que dans la mise en œuvre de l’application de MES.

   
     
"La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux marchés, de délai de conception, de prise en compte des normes et des réglementations, de communication ... C’est l’ensemble de ces exigences qui a contribué à l’avènement de l’offre MES."

 

Le premier mot-clé du MES est Exécution (Manufacturing Execution System).

 

definition mes execution

Le MES n’est pas un simple lien entre l’ERP et le contrôle commande, puisqu’il assure l’exécution des fabrications . Un des principaux travaux du MESA, l'association américaine à but non lucratif, a été l’établissement d’une liste plus détaillée de fonctionnalités, connues comme les « 11 fonctions du MES ». Cette classification est d’un grand intérêt pour délimiter clairement le domaine du MES et évaluer la couverture des différentes offres. Pourtant force est de constater que le MES est encore mal connu, et que des écueils freinent dans l’esprit de l’utilisateur son implantation systématique.

Le premier de ces écueils est celui de « L’auberge espagnole ». Dans une auberge espagnole, chacun apporte ce qu’il veut manger. Quand l’installation du MES intervient, par exemple après celle de la supervision et de l’ERP, on tente d’y faire entrer tout ce que l’on n’a pu couvrir, sans pour autant avoir une démarche structurée, alors que l’implantation du MES, comme celle de l’ERP, nécessite ce travail d’analyse. Le second écueil vient, paradoxalement, du succès rencontré par les « 11 fonctionnalités du MES ». Quand on y regarde de plus près, ces onze fonctions se situent parfois à des niveaux différents. On parle de Gestion du Personnel et de Gestion des Ressources, pourtant le personnel est une ressource ! D’autre part certaines fonctions comme la traçabilité peuvent être considérées comme des fonctions opératoires (la recherche de la généalogie d’un lot par exemple), et comme un service mis à disposition des autres fonctions (il faut tracer les prises et fin de postes du personnel). Un troisième écueil vient du fait que les fonctionnalités du MES ne sont pas à proprement parler nouvelles. Les industriels n’ont pas attendu le MES pour calculer le TRS de leurs machines. Du coup, si l’on fait du MES sans le savoir, les solutions de MES risquent de ne rien apporter de nouveau.

Le MES dans la lignée du modèle CIM

     
  «Le MES réduit la fracture entre le monde de l’informatique de gestion et celui de la production»
(INSA de Lyon)Le début des années 80 a vu l’apparition du concept CIM (Computer Integrated manufacturing), modèle qui déjà essayait d’apporter une réponse à la quête de performance des entreprises en mettant en exergue les insuffisances de l’automatisation à outrance et la nécessaire communication entre les différents niveaux. La représentation la plus courante faisait apparaître un découpage structurel de l’organisation de l’entreprise, et une communication spécifique entre les niveaux du modèle. Si ce modèle est encore largement répandu et présente une certaine légitimité, il a rapidement mis en évidence un certain nombre de faiblesses, contraintes et limitations.
 
  Faiblesse structurelle : les mécanismes d’échange sont construits autour d’un transfert vertical de l’information (niveau N vers N-1 ou N+1) nécessitant une remise en forme de l’information à chaque interface.  
  Limitation technologique : l’évolution vers des architectures d’automatismes réparties et/ou distribuées associée à l’augmentation de la capacité de traitement des composants entraînent un accroissement des flux d’informations sur les médiums.Paradoxalement durant les années 90, qui ont vu l’émergence puis la croissance des ERP, le fossé s’est creusé entre les mondes de l’informatique et de la production. En 2000, les modules ERM (comptabilité/ finance, ressources humaines et gestion commerciale) et GPAO ont représenté plus des deux tiers des ventes de licences sur le marché des ERP. Parallèlement à ce constat, la dernière décennie a vu l’apparition, au travers des technologies Internet et des langages orientés objet, de nouveaux standards et mécanismes d’échange de données dans le monde de l’informatique.

La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux demandes du marché (il faut passer d’une production de masse à une production personnalisée et flexible), de délai de conception et de mise sur le marché de nouveaux produits, de prise en compte des normes et réglementations (traçabilité des produits en agroalimentaire), de besoin de communication permanent et en temps réel (la bonne information pour la bonne personne en tout lieu et à tout moment). L’ensemble de ces exigences a contribué à l’avènement de l’offre MES et conduit à une modification sensible du modèle pyramidal du CIM. (Voir figure ci-contre) Ethernet devient un réseau fédérateur dès le niveau 2 (on parle d’Ethernet atelier) et le MES par ses fonctionnalités, tant sur le plan du pilotage que de la supervision de l’atelier de production, se positionne en médiateur afin de réduire la fracture entre le monde de l’informatique de gestion et celui de la production.

 
  Limitation technologique : l’évolution vers des architectures d’automatismes réparties et/ou distribuées associée à l’augmentation de la capacité de traitement des composants entraînent un accroissement des flux d’informations sur les médiums.Paradoxalement durant les années 90, qui ont vu l’émergence puis la croissance des ERP, le fossé s’est creusé entre les mondes de l’informatique et de la production. En 2000, les modules ERM (comptabilité/ finance, ressources humaines et gestion commerciale) et GPAO ont représenté plus des deux tiers des ventes de licences sur le marché des ERP. Parallèlement à ce constat, la dernière décennie a vu l’apparition, au travers des technologies Internet et des langages orientés objet, de nouveaux standards et mécanismes d’échange de données dans le monde de l’informatique.

La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux demandes du marché (il faut passer d’une production de masse à une production personnalisée et flexible), de délai de conception et de mise sur le marché de nouveaux produits, de prise en compte des normes et réglementations (traçabilité des produits en agroalimentaire), de besoin de communication permanent et en temps réel (la bonne information pour la bonne personne en tout lieu et à tout moment). L’ensemble de ces exigences a contribué à l’avènement de l’offre MES et conduit à une modification sensible du modèle pyramidal du CIM. (Voir figure ci-contre) Ethernet devient un réseau fédérateur dès le niveau 2 (on parle d’Ethernet atelier) et le MES par ses fonctionnalités, tant sur le plan du pilotage que de la supervision de l’atelier de production, se positionne en médiateur afin de réduire la fracture entre le monde de l’informatique de gestion et celui de la production.

 
     
     

Une brève présentation

Le domaine d’application du MES se situe entre les niveaux Contrôle-Commande (niveaux 1 et 2 du CIM), occupé par les automatismes et la supervision, et le niveau Planification (niveau 4 du CIM), occupé par les Progiciels de Gestion Industrielle, comme la GPAO et plus généralement aujourd’hui les logiciels de type ERP. Les différents domaines se distinguent non seulement par leurs fonctionnalités mais aussi par leurs échelles de temps : alors que la planification travaille au mieux à la journée ou à la demi-journée, le MES devra être capable de réagir dans des durées de quelques minutes.
domaine
Schéma réalisé à partir d’un extrait du standard ISA S95
Le schéma fait apparaître clairement que MES se situe au niveau de l’exécution (Manufacturing Execution System). Il n’est pas un simple lien entre l’ERP et le contrôle commande, puisqu’il assure l’exécution des fabrications